C'est comme si elle me suivait. Comme si elle me traquait. Comme une ombre siflante sussurant sans cesse quelques sons percant le coeur. Une lame d'acier froid qui transperce, sans cesse. Un de ces poignards tranchants de mille pièces tout ce sur quoi la construction de soi établie pas à pas, et devenant cet édifice de plus en plus haut renfermant ce tout qui nous constitue, forgé durant toutes ces années.
Il arrive un temps, où l'on accepte sa nevrose. Tout ce qui a tourmenté notre âme, ce tout qui n'a vécu qu'en intérieur, sans même suivre l'envol de la pensée. Ce tout refoulé, parfois oublié, vient à surgir d'un choc, pour ne plus jamais repartir. Voilà donc la névrose qui quitte l'inconscient pour un aller sans retour vers le conscient. La voilà désormais omniprésente. Les pensées valsent alors dans tous les sens, ne sachant à quoi s'en tenir, se marchent dessus. Tout s'explique alors, mais dans un si grand tulmulte, que tout le passé se piétine, à n'en plus finir.
Dans l'inconscience parfaite, chaque pic du passé; de chaque plaie qu'il a ouverte sans jamais qu'elles ne se soient refermées, découle le sang et la douleur jusqu'ici invisibles, et désormais plus sensibles que jamais. Une terible névrose. Et puis on apprend à vivre avec, dans une stabilité travaillée jours après jours. et puis on vit avec, et parfois même en aprfaite armonie.
Et puis, survenant de nule aprt, tout devient alros brisé. Tout ce travail démonté, par le fait d'une seule intervention. Par l'effet d'une seule petite personne, et de tous ses petits mots. De tous ses petits mots faits de lames d'acier froid, faits de poignards tranchants.
Péter les Plombs? Pas même y parvenir.
Tout ce qui n'avait voulu être qu'intérieur, ce même tout qui avait appris , malgrés lui, son essor forcé à l'air libre de plus en plus ordoné, se trouve désormais, surplombé, de moins en moins rangé, et en surplus d'une croissance qui ne fait qu'augmenter dnas le plus grand désordre.
Si la Bave du crapaud n'atteind pas la Blanche Colombe, le venin de la vicieuse vipère, peut-être, y parvient.
"Il serait impossible d'imaginer combien j'avais cet être abject en abomination. Lorsque je l'évoquais, je grincais des dents, et une lueur meurtrière s'allumait dans mes yeux. Je n'aspirais plus qu'à une seule chose : supprimer l'imonde créature. Quand je réflechissais à ses crimes odieux, à sa malice infernale, ma haine et ma volonté de revanche ne conaissaient plus de bornes. Je me fusse volontier rendu en pélerinage au plus haut pic des Andes, si cela m'avait donné la possibilité d'en précipiter l'horrible monstre jusqu'au plus profond des abimes. J'aspirais à le rerouver sur mon chemin, afin de le maudire et de me venger." Frankeistein ou le prométhée moderne, Mary W. SHELLEY, 1818